Exposition Pré-Boulay 2016

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Le plasticien britannique Anish Kapoor définit ainsi l’acte artistique : « L’artiste ne crée pas des objets, mais des propositions mythologiques. » Cette judicieuse définition éclairait l’exposition des Arts au Pré qui réunissait, les 2, 3 et 4 juillet 2016, dans la propriété du Pré-Boulay, dix artistes contemporains à l’expressionnisme souvent exaltant, choisis par la commissaire d’exposition Cléo Cheuret. Aménagée de longue date pour ses manifestations théâtrales ou musicales données deux fois par an, la grange-théâtre du Pré-Boulay, route de La Feuillie, à Fleury-la-Forêt, s’était faite, pour une première fois, salle d’exposition. Sous les cimaises se côtoyaient le peintre Dominique Devaux, à l’univers d’harmonies liquides, d’un colorisme héritier des Nabis ; la graveuse Françoise Liger-Gorin, qui présentait ici ses paysages aux mouvements saturniens, traversés d’apparitions ; la sculptrice Ann Souï, connue pour ses mises en scène drolatiques et tendres, réalisée dans des terres cuites aux extraordinaires patines de bois, de bronze ou de fer ; Michèle Husson-Riflet, proposant ses délicats petits formats d’impressions végétales ; Cléo Cheuret elle-même, poursuivant son travail d’inscriptions cabalistiques, d’une puissante teneur poétique ; Catherine Sibbille, la bien nommée, et ses assemblages hétéroclites de pièces de métal usinées, boulons, bois, dents, rotin, érigés en figurines-totems proférant de sybillines divinations ; Chantal Prévost et ses monstres exubérants, masques de Carnaval accrochés dans la salle ou groupe de personnages en pied exposés sur une pelouse, susurrant entre eux, dans leur balancement au gré du vent, l’énigme révélée du monde. Dans le parc très architecturé du Pré-Boulay, ces êtres fantomatiques, lorgnant sur les sièges incongrus, bois et métal, de Lucie Ruyter, évoluaient parmi les fleurs en fer brut de Claire Lioult et celles en céramique blanche de Fred Burel.

Entrée libre pour cette exposition de trois jours, d’une belle intensité. Samedi en fin d’après-midi, la centaine de visiteurs qui arpentaient la salle et le parc, rencontrant les artistes présents, ont pu, à l’heure précise du vernissage, assister à un petit concert d’airs d’opérettes chantés par Patricia et Michel Courché, que Véronique Noble accompagnait au piano.

Joseph Thermac

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